Chanvre

Il n’y a pas que les animaux 😊

Je vais vous parler d’une fibre qui a beaucoup de tradition mais qui se voit aujourd’hui dégradé en produit de niche : la fibre de chanvre

(si vous cherchez des astuces et recettes …c’est pas ici, je vais vous parler de filage !)

 

L’un ou l’autre va se dire « mais c’est le truc que les plombiers utilisent pour les raccords de tuyaux ! »

Bingo ! c’est ça.

Mais on peut aussi acheter la variante prêt à filer :

Il s’agit plus précisément des fibres longues contenus dans les tiges de la plante de chanvre. Ils sont extraits grâce à des procédés mécaniques. Donc contrairement aux viscoses, ce n’est pas un procédé chimique de décomposition. Cela fait aussi toute la différence par la suite, si on parle filage.

 

Deux mot sur le filage : Vitesse + Humidité !

Quand vous regardez les anciens reproductions de fileuses (Mam’zelles Alsaciennes avec la belle coiffe et un beau rouets en bois foncé et des petits décorations nacrés) on voit souvent que le lin comme le chanvre se file avec une certaine technique.

Ces reproductions sont bien intéressants, car on voit souvent que les fibres sont attachés et pas tenus en main. Ça permet non seulement d’avoir les deux mains libres, mais aussi de ne pas les prendre dans le pli.

Prendre les fibres pliés peut être intéressant sur certaines variétés de laine (par exemple le mohair), mais si on le fait sur le lin ou le chanvre on produit une sorte de fil barbelé !

Donc on fait bien attention de les prendre en longueur.

Ensuite le deuxième détail est la taille du rouet et de la bobine. Ces rouets sont faits pour être utilisés à une seule vitesse. Il n’y a pas de possibilité de jouer avec le diamètre du support de courroie, donc seul moyen de varier la vitesse est la tension de la courroie et la vitesse de pédalage.

Si on veut filer du chanvre ou du lin sur un rouet moderne, on fait bien de se rapprocher le plus possible du rapport de ces anciens rouets.

On arrive sur le troisième détail. Pas visible sur tous les reproductions mais, souvent visible directement sur les anciens rouets :

Une minuscule coupole en laiton.

Ce n’est pas en cendrier ! Cette coupole sert a s’humidifier légèrement les doigts, ce qui permet à obtenir un fil plus lisse et fin.

Comme mon S10 n’a pas de petite coupole, je me sers d’un « pschit » (haha celui là est bien Alsacien. Les petits flacons de spray qui servent à humidifier les plantes). Le but n’est pas de mouiller complètement des fibres, mais d’avoir une texture un peu plus souple.

Souvent j’ajoute un peu de huile essentielle, pas pour les caractéristiques, mais pour la bonne odeur.

 

J’obtiens un fil fin, et lisse. Au contraire des fibres de laine le fil est équilibré en « single» même sans retord.

 

Comme j’ai présenté dans un post précédent, j’ai fait un retord avec une laine de brebis de lait, car je souhaite démarrer un projet de tissage.

Mais une autre partie restera certainement en fil simple pour encore d’autres projets de tissage.

 

Pour conclure : Ce n’est pas forcément une fibre pour débutants, car elle est très longue et si on ne maîtrise pas encore le geste, ça devient vite fait compliqué de la gérer. En plus cette fibre n’est pas élastique du tout du tout. Donc ce n’est pas vraiment la première matière que je choisirais pour un tricot. Elle devient souple qu’après plusieurs lavages. Mais c’est un plaisir à tisser, soit seul soit mélangé à d’autres fibres.

 

Fibre Chanvre

Origine Europe

Longueur fibres 10-20 cm

Texture épais (>30 mic), résistant, non-élastique, peu de brillance

Utilisation  tissage comme chaîne, trame ou les deux

 

 

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